Juliette Armanet duo sensible et chevaleresque d’une femme et son piano

L’amour est le personnage principal du premier album « Petite Amie » de Juliette Armanet. Elle signe des chansons sensibles qui s’articulent entre mélancolie et disco du tourbillon de nos vies.

Sur la pochette elle apparaît en reine de carton, sur un ciel aux légers nuages  roses. La photo (crédits Théo Mercier), couleur nostalgique , et évocation de l’enfance et des jeux de l’amour.

« Petite amie » est bercé par les sonorités et l’énergie des titres des années 80. Même si elle revendique « La liberté est mon animal » (cavalier seule) on lui prête volontiers des filiations méritées avec ses ainés amoureux au piano comme Véronique Sanson, Willimam Sheller, ou encore Jeanne Cherhal qui ont ouvert le chemin de ce langoureux duo de bois et de voix.

Ici variété rime avec sincérité.

La guerre comme à l’amour
Tu gagneras toujours

« A l’amour comme à la guerre » s’ouvre sur des accords rappelant le lointain « Voyage, voyage » de Désirless, Juliette Armanet, à la voix éthérée qui évoque Camille parfois, nous embarque avec elle sur son navire-piano  et brandit la poésie de ses métaphores et ses curieuses formulations  « Alexandre, t’es mieux qu’un disque inédit ! »(Alexandre) Qui n’a jamais rêvé d’une telle déclaration ?

D’un amour comme un duel « sous la pluie » où chaque mot est une chanson à lui seul. Juliette est cette princesse des sentiments qui revisite un temps où l’amour se cherche, se savoure, se mérite, se danse, se déchire…

L’amour inassouvi s’effacera sous la pluie
J’n’y verrai plus que du feu, ce sera merveilleux
Merveilleux
Oui, le bleu du ciel
Sera éternel
Comme si on était vieux

« L’indien » : une flèche en plein coeur fait renaître l’amour et le piano file le sentiment. Il frappe les mots et rythme l’idylle qui cavale déjà quand entre la batterie. « A la folie » renoue avec la grande tradition des slows. Armanet est « pour la musique des corps » sensuels et langoureux qui, en tête à tête, tentent une danse dans cette « drôle de fête, drôle de défaite ». Mais l’amour n’est jamais mort et il renait dans chaque recoins de ses chansons comme cette « Carte postale » délicate où les mots sur le papier dessinent des caresses, des promesses dans l’oubli de la peine d’un coeur fêlé que pleure le saxophone.

Tout cet amour qui se fracasse en pointe de l’album dans un magnifique accident déchirant à 1000 km/heure.

En blessée volontaire, j’ai lové ma peau contre tes bouts de verre.

Comme un point final suspendu « L’accident », où règnent les ombres qui font la vie et la mort, fait résonner l’univers sombre de Fishbach (avec qui elle a cosigné le titre « Un autre que moi » d’ailleurs). Il ferme l’album sur une note qui rappelle que le propos de Juliette Armanet est constamment en demie teinte et que l’amour n’est jamais vraiment toujours rose.

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