Les déraisons d’Odile D’Oultremont

L’amour à la folie.

Il y a Adrien, timide agent de liaison au département « relation client » de la société Aquaplus.
Il y a Louise, peintre fantasque, une ouvrière qualifiée de l’imaginaire.
La vie va les propulser l’un contre l’autre à la manière d’un hasard fulgurant. Instantanément Adrien et Louise s’aiment d’une belle folie. C’est un amour poésie. Ils se portent l’un l’autre.

Aquaplus était son assurance-vie, la possibilité de laisser Louise aux commandes de son bateau ivre. Tant qu’elle s’y trouvait, il pouvait s’abreuver à sa folie, se l’injecter par shoot quotidien : Adrien Bergen était le junkie de sa femme.

Suffocation

Après une restructuration au sein d’Aquaplus, Adrien se trouve relégué dans un bureau-placard à balai. Travail sans intérêt. C’est au même moment que le diagnostic tombe : Louise a un cancer des poumons, stade avancé. Le couple se retrouve avec un double problème de respiration. Pour éviter l’étouffement, Adrien décide de ne plus se rendre à son travail pour s’occuper de Louise et prendre avec elle la décision de la vie.

Diagnostic sans appel.

Peu importe, Louise, infatigable, prend sa maladie avec poésie et choisit le lien comme résistance. Elle considère vraiment les choses et leur donne même un prénom. Ainsi les médicaments et les ustensiles médicaux qui la maintiennent en vie deviennent ses amis. Elle se fabrique un monde dans lequel elle invite Adrien, son roi.

Garder le lien avec la vie. Résister à ce monde qui nous avale. Louise pourrait avoir écrit ce poème : « Tendez tout ce que vous voudrez. Tendez des fils de maisons à maisons. Tendez des liens d’hommes à hommes. Tendez. Tendez toujours plus loin. Toujours plus haut. Tendez tout ce que vous voudrez. C’est le coeur qu’il faut toucher. »

Le récit se situe dans une strate poétique et loufoque où Louise mène la danse. Face à la maladie, Les déraisons montre que c’est ce supplément d’amour aussi qui nous tient vivant.

À l’état pur, la déraison maintient en équilibre sur un fil invisible. Mieux, elle devient une arme d’une puissance inouïe

Une histoire de danse.

Les déraisons est une histoire de corps qui se rencontrent, de corps qui s’effleurent. Adrien. Louise. Enveloppés dans leur douceur, ils dansent to the end of love

– Qu’avez-vous fait pendant un an si vous n’alliez plus au bureau, monsieur Bergen ?
– Oh.
Cette question met Adrien en joie.
– Nous dansions, ma femme et moi, monsieur le juge.
– Vous dansiez ? Vous avez dansé pendant un an ?!
– Quand elle en avait la force physique, acquiesce Adrien.
– Et c’est pour cette raison que vous avez renoncé à aller travailler ?
– Vous en connaissez une meilleure ?

Intérieur / Extérieur

A l’origine Les Déraisons devait être un film. Dans le roman on retrouve, en montage parallèle, d’un côté le monde réel (Aquaplus, le tribunal, l’hôpital) et de l’autre le monde de Louise et Adrien peuplé de belles divagations que seul l’amour régit.

Je me suis laisser emporter par la langue riche et délicate d’Odile D’Oultremont et j’ai aimé accompagner Louise jusqu’à sa dernière fantaisie.

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Merci aux éditions de l’Observatoire pour cette belle découverte.

Les déraisons d’Odile D’Oultremont

Parution : 10/01/2018
Prix : 18€
Format : 140 x 200
224 pages
ISBN : 979-10-329-0039-0

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