Salon Fnac Livres 2018 : impressions.

Pour la troisième année consécutive, la FNAC tenait son salon de rentrée littéraire au coeur du Marais à la halle des Blancs Manteaux. Un lieu à taille humaine, loin des interminables allées de son aîné Livres Paris. Un salon sur 3 jours et entièrement gratuit. J’y ai posé mes valises avec « Mémoire du vivant » pour récolter quelques moments de vie, d’échanges, et bien sûr de littérature.
L’aventure commence dès le vendredi après-midi pour les rencontres blogueurs-auteurs, moments privilégiés d’échange où l’on parle de leur livre, de leur écriture, et de leur vie d’auteur. Je me rends donc au café le « Comptoir du trésor » pour y rencontrer Adeline Dieudonné puis Olivia De Lamberterie toutes deux sur le devant de la scène de la rentrée littéraire. L’ambiance est encore timide, je retrouve des blogueurs que j’aime beaucoup. On commence à se connaître maintenant à force de se croiser sur plusieurs événements littéraires tout au long de l’année. Le petit groupe discute et se réapprivoise en attendant l’arrivée de la lauréate du Prix du roman FNAC pour « La Vraie Vie » aux éditions L’Iconoclaste.

Adeline Dieudonné, un beau soleil noir.

Installés tous autour d’un verre et de délicieuses mousses au citron, nous commençons l’échange. Adeline Dieudonné est naturelle, éclatante, et très ouverte à la discussion. Elle nous parle d’elle, de sa carrière de comédienne trop vite avortée, de ses boulots alimentaires, de ses passages difficiles qui l’ont amenée sous l’impulsion d’un ami vers le chemin de l’écriture. (Pour notre plus grand bonheur) Dans « La Vraie Vie », elle a cette écriture à fleur de peau. Les phrases vous coulent sur la peau comme une caresse rugueuse, et ne vous laissent pas indifférente. Elle nous confie qu’elle a écrit le roman en 9 mois et que grâce à ses expériences d’improvisation, elle s’est quasiment laissée porter par l’histoire qui s’écrivait sous ses doigts. Elle a décidé d’écouter et de suivre ses personnages. Le roman est publié presque dans sa version originale. Elle avoue avoir peu retravaillé le premier jet. Quel talent !

Olivia De Lamberterie, la vie avant tout.

Maintenant c’est au tour d’Olivia De Lamberterie d’apparaître, lumineuse, dans l’entrée du « comptoir du trésor ». Chroniqueuse livres pour le magazine ELLE, c’est elle aujourd’hui qui est questionnée. Elle vient de publier « Avec toutes mes sympathies » aux éditions STOCK. Le livre très personnel évoque la vie et le suicide de son frère en 2015. D’une belle sensibilité, elle aborde son sujet avec passion. En parlant de la mort, elle veut surtout parler de la vie. C’est cette peur de tout oublier (les bons moments comme les mauvais souvenirs) qui l’a poussé à raconter son frère adoré. Le livre est rempli d’amour. A sa manière, Olivia De Lamberterie pose une brique dans l’édifice « mémoire du vivant ». Puis c’est l’entrée dans le salon FNAC Livres. Majestueuse. Lumineuse. Colorée. L’occasion de discuter un peu avec des professionnels du livre (éditeurs, fournisseurs, libraires) et de retrouver, toujours avec plaisir, quelques anciens collègues de la FNAC. Le temps qui passe, les livres qui restent…
Après un discours d’ouverture par Christophe Ono-dit-Biot, Daniel Pennac (parrain de cette édition 2018) présente Adeline Dieudonnée et lui remet le (mérité) Prix du Roman Fnac 2018. Très naturelle et spontanée, elle s’écrit après un discours touchant : « Nous les Belges on n’a certes pas gagné la Coupe du Monde de Football mais on a quand même gagné le Prix Fnac ! »

Carole Fives, touchante humanité.

Le lendemain, c’est Carole Fives que je dois rencontrer pour son livre « Tenir jusqu’à l’aube » paru chez L’arbalète Gallimard. Toujours en petit comité mais cette fois-ci directement sur le salon, à l’étage de la halle des blancs manteaux. Carole Fives arrive, presque par une porte dérobée, derrière un kakémono du salon. Quand elle apparait enfin, son débit de parole est rapide comme pour rattraper un temps envolé. On sent une grande sensibilité. J’ai été touchée par sa fragilité maitrisée. Elle nous parle de la génèse du livre. Partir d’un fait divers pour trouver la matière sur laquelle écrire. Cette femme qui élève seule son enfant et qui au fur et à mesure du livre sent l’étau de la maternité se refermer sur elle. Une seule solution pour trouver un peu d’air : s’enfuir de leur appartement la nuit pour parcourir la ville. Et oui, c’est beau une femme la nuit. (Chronique à lire sur le blog)

Maylis De Kerangal, constellation précise de l’écriture.

La dernière rencontre programmée pour moi fut celle avec Maylis De Kerangal pour son livre aux éditons Verticales « Un monde à portée de main ». Elle est passionnée par son sujet, elle en devient passionnante. Sa voix douce et incarnée finit de nous séduire. Nous l’écoutons religieusement. Je suis heureuse de pouvoir parler écriture, travail de la matière, du mot, du verbe…du geste d’écrire-même. Elle reste très disponible pour nous dévoiler la géographie de son écriture. Un vrai bonheur. Ce fut un très beau week-end accompagné notamment de Nicole, EvaNathalieBenoitLiliaSophieMartineMyriamHélèneSéverine… Je remercie chaleureusement la FNAC, Julie Henry, et l’agence Anne & Arnaud pour tous ces beaux moments partagés. Et, on remet ça l’année prochaine ?
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